February 7, 2022

En 2019, la journaliste Judith Duportail sort une enquete autobiographique « L’amour sous algorithme » aux Editions d’une Goutte d’or.

En 2019, la journaliste Judith Duportail sort une enquete autobiographique « L’amour sous algorithme » aux Editions d’une Goutte d’or.

Elle nous raconte 2 histoires simultanement. D’une part, les reflexions et sentiments d’une journaliste trentenaire parisienne qui, suite a une rupture amoureuse, charge la plus celebre des applications de rencontre, ainsi, d’autre part l’histoire de Tinder, l’application creee en 2012, qui a revolutionne la maniere d’effectuer des rencontres.

De cottonbro provenant de Pexels

Un support pour l’introspection Notre toute premiere histoire reste une histoire sensible et honnete via le rapport a soi, a le image, a l’amour, si l’on est une jeune femme moderne, feministe mais vivant a l’ombre des grandes tours du « male gaze », c’est-a-dire du regard des hommes. Comment gerer le celibat et l’envie d’effectuer des rencontres si on doit aussi passer sous Les Fourches caudines des injonctions sociales detaillant cela serait « une vie digne d’etre vecue » comme le devoile Judith Butler. La recette officielle du plaisir feminin est simple ; i§a a d’ailleurs assez minimum change depuis une vingtaine d’annees. Le plaisir ? C’est votre jean taille 36. J’ai honte ? Etre celibataire a 30 annees. J’ai pire angoisse ? Ne pas reussir a se caser avant 40 annees parce qu’apres on perd toute valeur dans « le marche d’la bonne meuf » tel dit Virginie Despentes. Le succi?s ? Rentrer dans un jean en taille 36. Cela disait Bridget Jones en 1996 n’a pas pris une ride… aussi si la conscience feministe de l’autrice sait bien que ces regles ne viennent pas d’elle et que plus elle tente de s’ajuster a cet ideal patriarcal, moins elle se respecte. Peut-etre que l’element qui manque a son recit, c’est J’ai prise de conscience de sa dimension tres situee : cette histoire est precisement celle d’une Parisienne blanche trentenaire qui possi?de fait des etudes superieures. Ses contraintes, ses angoisses, ses loisirs et ses libertes seront etroitement lies a sa position sociale. Elle raconte sa propre histoire, mais sans avoir explicitement conscience que une telle histoire reste liee a sa categorie socioprofessionnelle et a le age. Cela la choque le plus, dans le enquete dans Tinder, c’est claque que l’application lui attribue une note de desirabilite, un score qui est secret et qui conditionne le type de profil qui lui sera propose. Tinder fera se accoster des joueurs de memes forces, c’est-a-dire des personnes evaluees comme egalement desirables, mais Tinder ne communique pas a ses client-es la note qui leur attribue. Une partie de l’enquete de Judith Duportail va etre motivee par la decouverte de une telle note. Pourtant, nous allons voir qu’il ne s’agit que d’un detail d’une strategie de Tinder.

Du livre l’amour sous algorithme editionsgouttedor

L’histoire dont je vais parler dans votre propos, c’est l’autre, celle de Tinder et des applications de rencontre. Judith Duportail n’est la seule a Notre raconter. Elle a beaucoup ete aidee par Jessica Pidoux, doctorante a l’universite de Lausanne. A l’origine des travaux de Jessica Pidoux, depuis une idee toute simple. Quels paraissent les brevets ayant ete deposes par Tinder et qui sont donc a l’origine de son fonctionnement ? Mes entreprises repetent tellement que leurs algorithmes sont secrets qu’on finit par des croire. Pourtant, quand on depose une option Afin de qu’on ne vous la vole nullement, on doit bien la decrire. En somme, une agreable part du mystere reste accessible dans Internet, le est, c’est de l’analyse sociologique. En preambule, je tiens a preciser que je n’ai rien contre le principe des applications de rencontres, que votre soit pour rechercher une rencontre ephemere ou un partenaire de longue duree. Utiliser une telle appli, c’est un moyen pour sortir de l’entre-soi, Afin de eviter de devoir draguer concernant le lieu de travail, Afin de eviter de transformer tous ses loisirs en possible terrain de chasse. C’est aussi un moyen de faire de l’entre-soi : accoster des personnes qui ont la meme religion ou analogues valeurs sociales comme nos applications qui ciblent des individus avec un mode de vie ecologique et decroissant. Et enfin, c’est 1 moyen de s’amuser avec sa sexualite. Mon seul probleme, avec ces applications, c’est leur opacite, d’une part, ainsi, leur cote addictif d’autre part… non gui?re addictif a la rencontre, mais a l’application elle-meme. Un fonctionnement avec lequel les utilisateurs et utilisatrices ne sont nullement familiers, faute d’avoir ete averti-es (voire forme-es) et sur lesquels les applications se gardent de communiquer.

Les applications de rencontre : de grosses machines a sous Tout part d’un malentendu : on croit, a tort, que l’optique premier de Tinder ainsi que ses clones est de nous permettre de faire des rencontres. Cela n’en reste rien : un but est de rapporter de l’argent. Les rencontres paraissent juste le moyen d’y parvenir. Comment monetiser avantageusement ce type de site ? Comme beaucoup d’autres sites, Tinder reste gratuit mais vend des fonctionnalites qui permettent a la version gratuite d’etre plus performante. Tinder ne veut pas vous Realiser approcher l’amour, car ce pourrait etre la mort de son fonds de commerce. D’ailleurs, il ne s’est jamais positionne dans le creneau de la rencontre « pour l’existence » mais plutot du « coup d’un soir » ou du « plan cul » : votre sont des experiences qu’on peut reiterer sans fin et rapidement, contrairement a Notre relation amoureuse sexuellement exclusive, qui n’est absolument pas « bankable ».

L’autre moyen foutu en ?uvre avec Tinder Afin de gagner de l’argent est de transformer ses utilisateurs-trices en produit. A la connexion, Tinder deploie un certain nombre de subterfuges Afin de collecter un maximum de donnees vous concernant. Cela vous invite a lui donner les cles de votre compte Facebook, Afin de ne pas presenter la profil a les amis-es. Il vous propose, via Spotify, de mettre en lien votre chanson preferee, car sa musique reste 1 excellent possible d’entamer la conversation. Enfin, il vous invite a connecter ce compte a Instagram ou depuis des tonnes de photos geniales qui vous permettront de vous mettre en valeur. Prevenant, Tinder ? Disons plutot qu’il se comporte https://besthookupwebsites.org/fr/android-fr/ tel un formidable aspirateur, engrangeant bien ce qu’il peut attraper et utilisant une infime partie des precisions Afin de le activite « vitrine » : vous aider a rentrer en relation au milieu des inconnu-es qui vous ressemblent. On peut toutefois choisir Tinder en fournissant le strict minimum d’informations : Afin de utiliser l’application, vous avez juste besoin de mettre votre numero de telephone (qui ne va i?tre pas communique), un pseudo, ce age, sexe et localisation. Puis, vous indiquez le sexe des gens recherchees, un tranche d’age et la distance maximum a laquelle elles doivent habiter. Ensuite, l’application vous demande de charger 2 photos pouvant representer n’importe quoi (vous pouvez meme mettre un cliche noire), ainsi, c’est parti.

  • wordcamp

  • February 7, 2022
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